Le dernier homme bon

Couverture du roman Le dernier homme bonLe dernier homme bon

Auteur : A. J. Kazinski, traduit du Danois par Frédéric Fourreau
(Kazinski est un pseudonyme pour Abders Ronnow Klarlund et Jacob Weinreich, deux scénaristes danois).
Année de parution : 2010
Catégorie : Thriller
Maison d’édition : Jean-Claude LATTES
ISBN : 978-2-253-16149-3


Prix des lecteurs, sélection 2012. En version poche, c’est un pavé de 715 pages que j’ai dû ingurgiter. Mais comme cela se passait dans un TGV Nice-Paris, j’avais le temps d’en venir à bout. Et le thème m’intriguait : un tueur qui s’en prend à des hommes bons; une histoire qui tourne autour du mythe des 36 Justes de Dieu décrit dans le Talmud,  ce n’est pas banal !

L’intrigue est du type policière. On suit un inspecteur qui enquête sur des morts violentes. Cela commence très fort : on apprend qu’il existe une enquête mondiale axée sur les personnes ayant connu des expériences de mort imminente (vous savez, ces gens qui se voient en dehors de leur propre corps durant un coma…). Ensuite, on passe en quelques pages de Pékin à Bombay, puis à Venise, ensuite à Copenhague… Houlà ! Faut suivre !

L’enquête se complique. Elle se fait en parallèle : d’un côté à Venise, de l’autre à Copenhague. Comme dans toute intrigue policière, j’essaie de suivre, de raisonner pour deviner la suite. Mais j’ai du mal à comprendre tant les détails sont nombreux et les descriptions…détaillées ! Messieurs les scénaristes, ce n’est pas juste: vous êtes deux à construire cet imbroglio et je suis tout seul à tenter de vous lire, coincé dans un petit siège de TGV, moderne et si inconfortable.

De plus, il faut se farcir tout l’aspect historique de cette légende des 36 Justes. Par moment, je retrouve un peu la technique du Da Vinci Code ou du Nom de la Rose, mais en plus brouillon. Et puis, les noms ! Des noms partout. Des trucs danois, imprononçables et donc pas faciles à retenir.

Mais je m’accroche. Je me dis que si l’intrigue est si alambiquée, c’est que la fin doit être dantesque, incroyable, surnaturelle et totalement inattendue. Un truc de fou, genre : « ta soeur est en fait la descendante de Jésus-Christ ». Paf ! Prend ça dans les dents!

Bien entendu, je n’irai pas vous révéler la fin. Ce ne serait pas gentil. Mais elle ne m’a pas fait réaliser un double-salto dans mon siège seconde classe. Disons que c’est un grand classique : on reboucle sur la scène du début qui avait l’air insignifiante et qui se révèle primordiale. Vous voilà prévenu : ne lisez pas le début en diagonale !

Mon ressenti

Vous l’avez lu ci-dessus : l’histoire est prenante, mais pas géniale. Et surtout, il y a trop de descriptions, trop de noms, trop de choses à mémoriser. Faut avoir son bac+5 en lecture pour arriver à suivre. A lire en plusieurs fois, en prenant le temps de respirer et, éventuellement, en prenant des notes. Mais si vous êtes à l’aise avec ce genre de récit, l’histoire vous captivera. J’avoue être un peu fainéant et préférer les récits à la construction simple mais néanmoins efficace.

Le style de narration

Classique. Narration à la troisième personne, avec le point de vue du héros. Les caractères sont bien décrits (trop parfois) et on croit aux personnages. C’est même un des points forts du roman. Mais bon : quand on a deux scénaristes comme auteurs, c’est normal d’avoir des caractères réalistes. Le roman est d’ailleurs bâti comme un film. Il y a des scènes de coupure qui viennent relancer l’attention du lecteur; des renvois dans le temps (technique bien connue des scénaristes pour masquer l’écoulement réel des actions); des ellipses qui permettent de cacher volontairement certains faits au lecteur, à la Hitchcock… Bref, du beau travail de scénariste (un de mes premiers métiers, snif…).

La structure

Encore un livre de poche. Donc, mise en page trop dense, pas agréable à manipuler. Messieurs les éditeurs, on le sait que vous avez du mal à boucler vos fins de mois. Mais à force de trop tirer sur la corde, on va se lasser de vos grosses ficelles ! N’oubliez pas que le livre est un produit. On le touche, on le hume, on le dévore des yeux. Posé sur l’étagère, il doit ensuite nous aguicher comme une tapineuse et nous pousser à le redécouvrir. Par pitié, revenez vers la qualité, même pour le Poche. Ainsi, nous achèterons peut-être un peu moins souvent de vos livres, mais nous aurons plus de plaisir et donc de facilité à les payer un poil plus cher. Avis !

Ressenti : note 3/5
Style : 5/5
Structure : note 4/5
Note globale : 12/15
CF : notation des critiques

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