Et si c’était vrai ?

Couverture du roman Et si c'était vraiEt si c’était vrai…

Auteur : Marc Levy
Année de parution : 2003
Catégorie : Romance
Maison d’édition : Robert Laffont
ISBN : 978-2-266-19954-4

Prix Goya du premier roman en 2003


Ce n’est clairement pas mon genre de lecture ! Mais alors, me direz-vous, pourquoi perdre son temps à lire ce roman si je sais à l’avance que je n’aimerai pas ?

Et bien, quand on a la prétention de vouloir devenir auteur et que l’on sait qu’un livre est considéré comme étant à succès (en France) quand il dépasse quelques dizaines de milliers d’exemplaires… il apparaît normal, voire indispensable, de comprendre ce qui a pu pousser plus de 200 000 personnes à l’acheter dès sa première année de vente. Et ce n’était pas qu’un effet de mode, car il a dépassé les 3 millions de vente à ce jour !

Je lis un peu partout d’acerbes critiques sur cet auteur : « Mauvais auteur »; « sans style »; « ferait mieux de laisser la place à de vrais auteurs »… Etc.

Alors, vue ma tendance naturelle à souffler sur les braises pour attiser la polémique, je vais me faire un malin plaisir à donner ici un avis totalement contraire sur ce roman. Même si le nombre de ventes ne détermine pas le talent d’un auteur, ce serait faire injure à tous ces lecteurs (« trices », surtout) que de négliger leur jugement. J’ai commencé à fréquenter les salons littéraires voilà deux ans (seulement). A chaque fois, j’ai pris le temps d’aller feuilleter les livres présentés par mes confrères. Beaucoup avaient du style et une belle écriture (mais pas tous ;-). Mais on ne peut pas à la fois rédiger 200 pages pour raconter la vie intime des paysans de la basse vallée de Haute-Provence dans les années 30 et espérer en même temps pouvoir intéresser un lectorat important. J’ai été surpris par les thèmes des ouvrages présentés sur ces salons. Comme si ces auteurs avaient d’abord essayé de se faire plaisir à eux-mêmes en écrivant le roman de leur vie. Pas étonnant ensuite que beaucoup restent avec leurs livres sur les bras !

Bref, revenons au roman de Marc Lévy…

 

Mon ressenti

J’ai trouvé le scénario absolument génial ! L’idée parait toute simple au départ : le fantôme d’une femme dans le coma vient squatter l’appartement new-yorkais d’Arthur, homme d’affaires en plein déménagement. Il est le seul à la voir et cela va susciter tout un tas de situations surréalistes (ex: les gens le voient parler seul) plutôt cocasses. Mais il fallait la trouver, cette idée simple !
Quand on veut rendre ce genre de situation vraisemblable, il faut poser des postulats crédibles. En science-fiction par exemple, il y a toujours un gars dont le rôle est de détailler une super théorie, expliquant tel ou tel pouvoir afin de le rendre plausible (voyage dans le temps, télépathie, etc.) Marc Levy a eu l’idée géniale de rendre son héros particulièrement pragmatique, ce qui oblige Lauren, (sa fantomette squatteuse d’appartement), à devoir tout justifier. C’est elle qui explique que son corps est dans le coma, dans un hôpital de la ville (elle va même l’emmener le voir).

Arthur est associé à Paul. Bien entendu, Paul ne voit pas Lauren et commence à s’inquiéter sérieusement pour la santé mentale d’Arthur. J’ai beaucoup aimé la forte amitié qui transparait dans les dialogues entre ces deux hommes d’affaires. Certaines répliques sont savoureuses, car bien mises en situation, et j’ai bien ri en imaginant la scène. Grâce à ce ton léger, tout passe facilement et l’intrigue amoureuse, qui se tisse au fil des pages entre Arthur et son fantôme, crée à elle seule le suspense romanesque qui a certainement dû plaire aux lectrices.

Alors, pour le ressenti, ma note sera tout simplement de 5/5.

Le style de narration

 C’est bon, c’est fin, cela se mange sans fin ! Oui, je n’ai pas peur de le dire : j’aime bien le style de Marc Lévy. Il ne perd pas de temps en d’inutiles et fastidieuses descriptions. C’est aussi un excellent dialoguiste, car on se fait rapidement une idée précise du caractère de chacun des personnages, simplement et lisant les dialogues. Il a une écriture cinématographique et j’aime. Bien entendu, tout ceci reste léger. On ne part jamais dans une profonde introspection sur le sens de la vie, mais je crois justement que c’est cela qui a dû plaire : l’auteur ne se prend pas la tête. C’est le reproche principal que je fais à beaucoup de films français dans lesquels les acteurs passent leur temps à se demander s’ils ont bien fait ou pas de faire telle action ! Marc Levy déroule un récit très simple et donc accessible à tous. Je comprend parfaitement que certains puissent rester sur leur faim. Le roman n’apportera pas sa pierre à l’édifice millénaire de la civilisation humaine, certes. Mais il vous fera passer un très bon moment. Et n’est pas à ce rôle que devrait se limiter un auteur de fictions ?

D’accord, il y a certaines facilités dans le style. Il aurait pu en rajouter un peu, mais je crois que cela aurait desservi le côté simple et direct de l’histoire. Alors, pour tenir compte de l’absence d’écriture hautement sophistiquée, ma note pour le style sera de 4/5.

La structure

On se croirait dans un scénario de film. Le bouquin est principalement rempli de dialogues et donc rapide à lire. Les phrases sont simples et véhiculent peu d’idées à la fois. J’admire. C’est ce que j’essaie de faire dans mes propres écrits. Et tout auteur qui me lira, comprendra : ce n’est pas facile du tout de faire simple ! Je crois qu’un des secrets du succès de Marc Levy doit être là: il arrive parfaitement à faire passer des émotions ou des idées, simples, dans des phrases tout aussi simples !

Mais écrire sans fioritures ne suffit pas à écrire une belle histoire. Il faut aussi que les personnages dégagent de belles émotions, révèlent une personnalité positive et attachante. Et pour cela, il faut que le récit devienne crédible, voire réaliste : on doit croire que ces personnages existent vraiment. Pas facile, quand l’un d’eux est justement immatériel ! D’où le côté génial de l’astuce décrite plus haut, consistant à rendre un des protagonistes incrédule afin de pouvoir mettre en place tous les arguments littéraires qui vont justement contribuer à le rendre réel. Mister Levy nous fait croire qu’il est simple d’écrire, mais de mon avis, il a dû sacrément réfléchir pour trouver cette astuce. Respect !

Voilà, j’ai aimé. Donc forcément, ma note pour l’aspect structurel sera de 5/5.
Ressenti : note 5/5
Style : 4/5
Structure : note 3/5
Note globale : 14/15
CF : notation des critiques

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