Les années perdues

Couverture du roman Les années perduesLes années perdues

Auteur : Mary Higgins Clark, traduit de l’anglais par Anne Damour
Année de parution : 2012
Catégorie : Policier
Maison d’édition : Albin Michel
ISBN : 978-2-253-16632-0

 


 Encore une lecture de voyage, attrapée un peu au hasard et dans l’urgence, en gare de Marseille cette fois. Du M.H. Clark, cela ne peut qu’être bon, me disais-je…

En ingrédients principaux : une femme atteinte de la maladie d’Alzheimer, retrouvée près du corps de son mari, un couteau plein de sang à la main; une lettre (écrite par Jésus-Christ, s’il vous plaît !) mystérieusement disparue; plusieurs suspects possibles… Voilà les ingrédients pour un cocktail pompeusement baptisé « roman policier initiatique » par des éditeurs optimistes. Placez le tout dans une ambiance bourgeoisie américaine typique et secouez fort. Votre cocktail est prêt !

Bon et ben, j’aime bien les cocktails, mais à la condition qu’ils me surprennent. Et le coup du « roman initiatique » est un peu usé. Ce n’est pas parce qu’on reprend des faits religieux un peu mystiques que l’on va forcément créer une ambiance fantastique. N’est pas Umberto Eco qui veut ! Bien sûr, la célèbre romancière n’a plus à démontrer son art du suspense. Il est vrai qu’on a tendance à rentrer dans l’intrigue, à se mettre à étudier, soupeser, vérifier les alibis, motivations et indices liés à chacun des protagonistes. Mais le scénario est bien trop évident. On se doute que, si la coupable potentielle est présentée comme telle dès le départ, c’est qu’il s’agit d’un leurre, d’un « hareng rouge » comme disait Hitchcock, le maître du suspense.

La lettre de Jésus-Christ est très mal exploitée et ne sert que de preuve à retrouver. Cela aurait aussi bien pu être n’importe quoi d’autre…

Mon ressenti

Bref, j’ai lu ce roman parce que je m’attendais à du « génialissime » et aussi parce que j’ai très peu lu les livres de cette romancière. Mais cela ne vaut pas La Nuit du Renard (Grand Prix de littérature policière ou La Maison du Guet.

On ne devrait jamais obliger un auteur à fournir des livres trop régulièrement à son éditeur…

Personnellement, j’ai deviné la fin à peu près au milieu du bouquin. Du coup, toute la suite est devenue assez ennuyeuse. Surtout qu’il n’y a aucun effet de surprise particulier à la fin. Arrivé Gare de Lyon. Temps gris. Bof…. Tout le monde descend.

Le style de narration

 Excellent, bien sûr. On sent « la pro » en action. Point de vue à la troisième personne, orienté sur la fille de la victime, héroïne du bouquin. On commence par décrire les faits, les lieux. On plante le décor et on monte l’ambiance. Ensuite, présentation des policiers. Ils ne sont pas pris pour des andouilles et s’en sortent plutôt pas mal. Mais ils semblent tellement loin de l’action principale ! Les scènes se suivent, décrivant tour à tour chacun des suspects possibles, avec suffisamment de zones d’ombre pour qu’on soit bien enfumé. Un petit coup de théâtre par ci, par là pour relancer l’intrigue. Mais rien que de très classique. Puis le « bon sang, mais c’est bien sûr » ! du détective qui a enfin trouvé le coupable. Tout se précipite. Les pistes, vraies et fausses, se concluent l’une après l’autre. On course le coupable avant qu’il ne soit trop tard (je ne vous dis pas pourquoi : faut quand même vous laisser le plaisir de la fin). Et scène finale avec conclusion et explications. Hop, emballez et au suivant !

La structure

J’ai un peu mélangé structure et style de narration à l’étage au-dessus, du coup vous avez déjà toutes les infos. Le livre est de bonne qualité, pas trop dense, bien construit. Du bon boulot. On est dans un produit bien formaté. Trop… C’est justement là que se trouve le problème . Tout cela est du déjà vu !

Ressenti : note 2/5
Style : 3/5
Structure : note 4/5
Note globale : 9/15
CF : notation des critiques

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