Neuromancien

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Auteur : William GIBSON, traduit de l’anglais par Jean Bonnefoy
Année de parution : 1984
Catégorie : Science-Fiction
Maison d’édition : Éditions J’ai Lu
ISBN : 978-2-290-30820


Prix Nebula en 1984, Prix Hugo du meilleur roman en 1985, Prix Philip K.Dick du meilleur roman en 1985, Prix du meilleur roman de Science-Fiction en 1985… Quelle idée de vouloir critiquer un des meilleurs livres de science-fiction, me direz-vous…

Mais, justement. C’est un de mes livres préférés, et si vous ne l’avez pas encore lu, je ne peux que vous le recommander. Il fait partie des classiques à connaître quand on s’intéresse à ce genre de littérature et il est toujours intéressant de voir si un ouvrage vieux maintenant de près de trente ans tient encore la route…

La science-fiction est un genre difficile… ou trop facile. Le piège, quand on débute, est de croire que tout est permis et que l’imagination ne sera bridée en rien puisque vous pourrez créer vos propres règles. J’ai moi-même commencé par vouloir écrire dans ce genre (après avoir dévoré bon nombre de classiques : K. Dick, Van Voght, Isaac Azimov, Arthur Clarke,  Ray Bradbury, …) et je me suis vite rendu compte qu’il fallait de solides compétences scientifiques pour rester crédible…

Dans Neuromancien, un pirate informatique reprend du service pour tenter de craquer une mystérieuse banque de données appartenant à une famille riche vivant dans une base spatiale, satellite de la Terre.

J’ai relu ce roman récemment et je suis resté scotché par le nombre de prévisions futuristes aujourd’hui devenues réalités : les hackers, les virus informatiques, l’intelligence artificielle, la bio-ionique, le réseau mondial de communication informatique et ses cyberattaques… Le moins qu’on puisse dire c’est que mister Gibson avait bien imaginé comment allait évoluer l’informatique ! Il est d’ailleurs considéré comme l’inventeur du cyberespace et ce terme prend tout son sens dans ce récit.

(Pour rappel, en 1985, Microsoft sortait la version 1.0 de Windows; la National Science Fundation finançait un truc appelé NFSNET à partir du réseau Arpanet pour interconnecter les universités américaines et les gros calculateurs. Un truc qui deviendra accessible au public dans les années 90 sous le nom d’Internet).

Mon « ressenti »

L’ambiance « underground » est assez sympa, en partie grâce au langage argotique des principaux personnages mais aussi par les descriptions qui renvoient à des clichés sur les bas-quartiers des grandes villes américaines. On s’y croirait !
Le suspense se crée dès les premières pages : Qui est le commanditaire de la mission ?  Pourquoi a-t-il besoin d’un pirate pour craquer les défenses informatiques de cette entreprise ? Qui manipule qui ? On est entre une intrigue policière et un enchainement d’actions de type thriller et chaque nouvelle scène (qui s’enchainent à un rythme soutenu) amène de nouvelles questions. Du coup, difficile de lâcher le livre avant sa fin, étonnante comme il se doit.
D’improbables personnages viennent émailler le récit, rajoutant l’étrange à la science-fiction : des loubards au costume mimétique, des rastas qui planent (c’est le cas de le dire !) dans leur remorqueur de satellites, un magicien aux pouvoirs très en avance sur son temps… Que du bon délire…
Donc, vous vous en doutez : note maximale pour le ressenti 😉

Le style de narration

Le narrateur prend le point du vue de Case (le héros) à la troisième personne. Le style est rapide. Phrases courtes qui décrivent une sensation, une ambiance. On peut ne pas aimer. Exemple, la première phrase du roman : « Le ciel au-dessus du port était couleur télé calée sur un émetteur hors-service« . Personnellement, je trouve cela très efficace, une fois le temps d’adaptation passé !
Les caractères ne sont pas très marqués. On finit par les imaginer soi-même, à force de voir les personnages agir. Mais bon… Ce n’est pas non plus un thriller psychologique ! La narration est linéaire mais comme l’intrigue est suffisamment dense, on n’a pas besoin d’effet particulier. Simple, efficace, rodé… Ma note pour le style sera de 4 sur 5.

La structure

Il s’agit d’une traduction et j’avoue ne pas avoir lu la version originale. Je ne ferai donc pas de commentaire sur la qualité de l’adaptation.  Quasiment pas de coquilles, une mise en page un peu dense (dans la version de poche, donc c’est normal, même si c’est peu confortable), qualité d’impression très correcte (c’est du Maury et j’aime bien cet imprimeur 😉

Personnellement, j’aurais eu pitié des personnes n’ayant jamais entendu parler d’informatique (surtout en 1985) et j’aurais rajouté un petit glossaire des principaux termes et concepts utilisés dans le roman. Mais bon… C’est histoire de dire… Ma note pour la structure ne sera pas loin de la maximale 😉

Ressenti : note 5/5
Style : 4/5
Structure : note 4/5
Note globale : 13/15
CF : notation des critiques

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