L’ultime secret

Couverture du roman l'ultime secretL’ultime secret

Auteur : Bernard Werber
Année de parution : 2003
Catégorie : Science-fiction
Maison d’édition : Albin Michel
ISBN : 2-226-12740-2


Lors d’un tournoi sur la côte d’Azur, le champion du monde d’échec meurt d’extase (le petit veinard) dans les bras d’une top-modèle. Deux journalistes enquêtent sur cette mort étrange et vont découvrir des choses qui le sont encore plus.

Autant le dire tout de suite, j’aime bien les idées de Bernard Werber. Comme beaucoup, je l’ai découvert avec son cycle sur Les Fourmis. En plus d’appendre des tas de choses intéressantes sur les mystères de la Nature, il s’était amusé à glisser différentes énigmes dans ces romans, afin de montrer que l’intelligence n’est pas mesurable uniquement d’après nos connaissances scolaires et j’avoue m’être amusé (et cassé à la tête) à essayer de les résoudre. Toute proportion gardée, je fonctionne un peu comme cet auteur : j’aime bien m’appuyer sur des faits scientifiques pour donner un aspect plus réel à mes histoires, tout en laissant mon imagination broder à partir d’eux. Jules Verne faisait de même et d’autres par la suite.

Dans ce roman, il est question des capacités inutilisées de notre cerveau. Même si la citation du début du roman (nous n’utilisons que 10% des capacités de notre cerveau) n’est pas exacte et que rien ne prouve qu’elle ait été prononcée par Albert Einstein, comme cela est indiqué, elle permet de mettre l’accent immédiatement sur ce qui sera le Graal de l’enquête dans ce roman.

Mon ressenti

 On est dans une vraie enquête. Bernard Werber utilise un truc littéraire très pratique : ses enquêteurs sont deux, l’un ayant nettement plus de connaissances scientifiques que l’autre. Le premier va donc expliquer tout un tas de choses au second,  ce qui nous permet de recevoir mine de rien pas mal d’informations permettant de faire avancer l’enquête (et d’améliorer le cas échéant notre culture). Si tous les livres scolaires étaient construits sur ce mode, nos enfants apprendraient certainement plus vite !

J’adore !

Par contre, les caractères des protagonistes de l’histoire ne sont pas très développés. On sent que ce n’est pas le dada de l’auteur. J’avais le même reproche en tête lorsque j’avais lu Les Fourmis. Mais bon, ce n’est pas non plus une romance qui est attendue avec ce genre de récit. Disons que, comme l’empathie avec les héros du récit n’est pas très forte, on se sent moins impliqué dans ce qui va leur arriver. Cela aurait apporté un réel plus au livre. Ceux qui ont lu Umberto Eco et son célèbre roman « Le nom de la Rose » comprendront ce que je veux dire.
Autre critique, plus embêtante à mes yeux : si le début du roman est passionnant et très réaliste, le récit dérive progressivement vers des situations nettement moins vraisemblables. C’est le problème quand on crée une fiction sur un socle d’éléments réels : il faut que ce soit plausible. Or, l’auteur se laisse emporter par son imagination (qu’il a féconde). L’idée de mettre un asile de fous sur l’ile Sainte Marguerite est amusante… et réaliste. L’idée d’utiliser ces fous à des fins pratiques l’est également. Mais les comportements de ces gens un peu particuliers et l’enchainement des situations qui en découlent part gentiment en vrille. Du coup, j’ai décroché. A partir de ce moment, devenu spectateur du récit et non plus participant, j’ai commencé à voir plein de petits défauts un peu partout… Comment croire par exemple que, parce qu’un invalide passe des heures et des heures sur Internet, il puisse acquérir un savoir infini ? Apprendre est une chose. Comprendre et retenir sont autrement plus difficiles… Tous les étudiants vous le diront 😉 Trop d’imagination peut tuer le réaliste et c’est ce qui s’est passé dans le livre, selon moi. Du coup, ma note initiale de ressenti, qui était bien partie pour un 4/5, redescend à un 3 très moyen.

Le style de narration

Le narrateur parle à la 3e personne, souvent au temps présent, ce qui donne un effet d’urgence à la chronologie de l’histoire. Parfois, on entre via des monologues dans la pensée d’un autre acteur du récit. C’est un peu perturbant au début, surtout si, comme moi, on lit le roman par petites fractions. Cela impose de se remémorer tout ce qui précédait quand on reprend le récit. Mais ce n’est qu’un petit détail qui ne gâche pas l’intérêt du roman. Le récit est souvent fait en parallèle : on suit une scène entre deux personnes, puis on passe sur une scène avec d’autres personnes, puis on revient sur les deux personnes précédentes. Classique dans un scénario de film. Ici, cela reste facile à suivre car le style d’écriture reste simple dans son ensemble. Phrases courtes. Mots courants. Idées amenées avec progression. Bien. Tranquille. (Vous avez vu : moi aussi je m’amuse à écourter mes phrases 😉 J’aime bien le style de narration de l’auteur. Il parait que le mien lui ressemble un peu 😉 Du coup, je ne vais pas me gêner et mettre un 5/5 tout à fait partial !

La structure

 Linéaire. Les chapitres s’enchainent sur le mode d’une enquête. Le scénario avance en révélant progressivement des informations qui ne semblent pas au premier abord avoir de liens entre elles. Puis, avec l’aide des enquêteurs qui ne sont heureusement pas trop incrédules, on finit par commencer à comprendre où va l’auteur. Mais la chute finale reste bien cachée et nous fournit la surprise attendue.La construction est un parallèle : d’un côté nous avons une enquête à suspense sur un homme qui est mort, de l’autre nous avons une série de chapitres en flash-back sur ce que cet homme faisait avant sa mort. Une sorte de double-enquête très intelligemment construite. Du beau travail. Quel dommage que l’histoire ne soit plus crédible vers la fin ! Pour la structure et sa qualité, je mettrai un 4/5.

Ressenti : note 4/5
Style : 3/5
Structure : note 4/5
Note globale : 11/15
CF : notation des critiques

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