Un avion sans elle

Couverture du livre un avion sans elleUn avion sans elle
Auteur : Michel Bussi
Année de parution : 2012
Catégorie : Suspense
Maison d’édition : Les Presses de la Cité
ISBN : 978-2-266-23389-7

Prix Maison de la Presse en 2012

 

 


Encore un livre choisi parce qu’il avait eu un prix et… encore une déception ! L’auteur cumule pourtant les récompenses pour d’autres ouvrages. En format Poche, le roman est un pavé de 568 pages, que j’ai eu du mal à digérer. Du coup, je crois que ma critique va être d’un volume proportionnellement inverse…

Mon ressenti

Je vous ai déjà dit que j’avais eu une formation à l’écriture de scénarios… Celui du roman m’a paru un peu trop manichéen : un avion se crashe et seul un bébé survit. Problème : on ne sait pas s’il s’agit de celui d’une famille riche ou d’un autre bébé d’une famille pauvre. Le bébé a grandi pour se transformer en une belle jeune fille qui cherche la réponse à son lourd secret.

Lorsqu’on part sur de telles bases, il faut déjà créer tout un vécu plausible pour faire avaler la situation et la rendre crédible. Il y a ensuite un détective privé payé grassement par la famille riche pour trouver l’origine du bébé. Passons sur le nom un peu débile affublé à ce personnage clé. Le détective est tué (il faut bien trouver une amorce de suspense) et du coup, c’est son journal intime qui sert de fil conducteur à l’intrigue (cela commence à devenir tordu).

Je me suis assez rapidement lassé à devoir passer ainsi du point de vue du détective à celui du héros (Marc, amoureux ou frère de la jeune fille, damned, cela devient freudien…). Si vous plongez dans le livre, prenez des notes car cela se complique rapidement.

Pour faire court, j’ai décroché à peu près au milieu du pavé. J’ai fini le roman par pure nécessité pour vous proposer cet article et parce que je n’avais rien d’autre sous la main.

Bref, ma note de ressenti sera de 2/5.

Le style de narration

Trop de ficelles narratives. Dans de nombreux autres livres, je retrouve ce que je considère ici comme un défaut : l’auteur crée plusieurs pistes, s’attache à les densifier pour créer des personnages avec une vie réelle et oblige le lecteur à utiliser concentration et mémoire pour parvenir à suivre l’intrigue.  Évidemment, rien de plus facile pour l’auteur que de créer fausses pistes et oublis volontaires avec une telle structure en parallèle. Je n’aime pas ce procédé qui rend le récit opaque. Ceci mis à part, j’ai aimé le style d’écriture, très réaliste et montrant avec clarté la noirceur de l’âme humaine. Je trouve par contre que cela manque d’action et d’originalité. Sans doute justement parce que l’auteur a voulu rendre crédible la vie de chacun de ses personnages. Du coup, on reste dans du banal : coups tordus entre membres des deux familles, histoires de fric bien glauques… Bref, je me suis ennuyé ferme.

Je met un 2/5 parce que c’est bien écrit mais avec un scénario trop standard.

La structure

Trop classique : on part sur plusieurs voies, on revient en arrière dans le temps via le journal du détective, on repart dans le présent via le regard d’un des personnages… Tout cela ne fait que perturber la recherche de la vérité. Je n’ai pas trouvé la fin si incroyable que cela. Quand on pose le problème en termes de scénario : Qui est cette jeune fille ? Le bébé de la famille riche ou celui de la famille pauvre ? Pourquoi le détective a-t-il été tué et par qui ? Quel est le rôle de chacun des membres de la famille ? On s’aperçoit assez vite que les solutions possibles ne sont pas si nombreuses. Donc, si l’auteur veut faire original, il choisit la moins évidente des solutions possibles et du coup on sait rapidement ce que sera la fin.

Personnellement, je préfère des structures mieux posées comme celles des romans d’Agatha Christie ou des films d’Alfred Hitchcock, dans lesquelles tout est fait pour que le lecteur/spectateur ait envie de deviner la solution. On sait qu’on va se faire embarquer dans de fausses pistes et du coup on joue à trouver la bonne réponse. Dans ce roman, j’avais seulement envie de voir le nombre de pages restantes diminuer le plus vite possible…

Je ne mettrai q’un 2/5 pour la structure, sans saveur à mes yeux.

 

Ressenti : note 2/5

Style : 2/5
Structure : note 2/5
Note globale : 6/15
CF : notation des critiques

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