Extraits de Devenir formateur indépendant

Couverture du livre Devenir formateur indépendant

Table des matières

  1. INTRODUCTION
  2. LA FORMATION DE FORMATEUR
    1. LES DIPLOMES DE FORMATEUR
      1. Niveau licence (Bac + 3)
      2. Niveau Master (Bac + 5)
    2. DEVENIR FORMATEUR SANS DIPLOME
      1. Valider ses Acquis par l’Expérience (VAE)
  3. CHOISIR UN STATUT
    1. Le statut juridique
    2. Le statut fiscal
    3. Le statut social
    4. TRAVAILLER SEUL
      1. Salarié ou non salarié ?
      2. Travailleur occasionnel (vacataire)
      3. Portage salarial
      4. SASU
      5. Travailleur indépendant (freelance)
      6. Auto-entrepreneur
      7. Entreprise individuelle
    5. CREER UNE ENTREPRISE
      1. Cumuler la retraite et le travail de formateur
      2. Le statut d’EURL
      3. Le statut de SARL
      4. Tableau récapitulatif des statuts
      5. Créer son entreprise dans un autre pays de la CEE
      6. Les mentions légales de votre structure
      7. Les frais de création d’entreprise
    6. SE DECLARER COMME FORMATEUR
    7. SUIVRE SA COMPTABILITE
      1. Organiser sa paperasse
      2. Les pièces comptables
      3. Choisir sa banque
  4. DEFINIR SES PRESTATIONS
    1. DEFINIR SES TARIFS ET SA MARGE
      1. Tarifs des formateurs
      2. Calculer sa rentabilité
      3. Saisonnalité
    2. CREER UN PROGRAMME PEDAGOGIQUE
      1. Un document commercial
      2. Un document administratif
      3. Un document juridique
      4. Un document pédagogique !
      5. Des programmes modulables
      6. Votre catalogue de prestations
    3. DOCUMENTS NECESSAIRES A LA PRESTATION
      1. Devis de formation
      2. Convention de formation
      3. Feuille d’émargement
      4. Questionnaire d’évaluation
      5. Facture
      6. Tableau récapitulatif des documents
    4. OUTILS UTILES A LA PRESTATION
      1. Le support de cours
      2. Les logiciels
      3. Outils divers
  5. DEROULEMENT DE LA PRESTATION
    1. EN AMONT DE LA FORMATION
    2. AU FIL DE LA FORMATION
    3. EN AVAL DE LA FORMATION
  6. CIBLER SA CLIENTELE
    1. VOS CLIENTS CENTRES DE FORMATION
      1. L’ordre de mission
      2. La feuille d’évaluation
      3. Le règlement de la prestation
      4. En cas de litige
    2. VOS CLIENTS ENTREPRISES PRIVEES
      1. Le règlement de la prestation
      2. Que faire en cas de litige avec un client direct ?
    3. VOS CLIENTS ORGANISMES PUBLICS
    4. VOS CLIENTS PARTICULIERS
      1. Si votre client est inscrit à Pôle Emploi
      2. Si votre client travaille à son compte
      3. Si votre client ne travaille pas
    5. CONNAITRE SES CLIENTS
      1. Suivre ses clients
      2. Relancer ses clients
  7. LE FINANCEMENT DES FORMATIONS
    1. LES OPCA
    2. LES FONGECIF
    3. LE CPF (EX CIF)
      1. Un financement limité
    4. POLE EMPLOI
  8. REUSSIR SES PRESTATIONS
    1. DIFFERENTS PROFILS DE STAGIAIRES
      1. Le rêveur
      2. L’assisté
      3. L’apprenti sorcier
      4. Le boute-en-train
      5. Le défaitiste
      6. Le petit génie
    2. DIFFERENTS PROFILS DE FORMATEURS
      1. Le formateur cabotin
      2. Le pro
      3. Le fonctionnaire
      4. Le chef
      5. L’amateur
    3. SE FAIRE CONNAITRE
      1. CREER SON SITE WEB PROFESSIONNEL
        1. Faire appel à un prestataire
        2. Personnaliser un site web préconstruit
        3. Déposer le nom de domaine
        4. Vos adresses emails
        5. Référencer votre site web
        6. Se faire connaître via les réseaux sociaux
        7. Communiquer dans les forums
      2. UTILISER LES MEDIAS TRADITIONNELS
        1. La publicité imprimée
        2. Les salons professionnels
        3. Les autres médias (radio, TV)
      3. AMELIORER SES COMPETENCES
        1. LA CERTIFICATION
        2. LA FORMATION DE FORMATEUR
      4. INTERVIEWS DE FORMATEURS
        1. COORDONNEES DES FORMATEURS INTERVIEWES
          1. Dana Berthelot
          2. nne-Marie Jourdain
          3. Georges Grigliatti
          4. Marc Antoine
          5. Serge Maurin
      5. LIENS UTILES
      6. REMERCIEMENTS
        1. STOON
      1. Bibliographie de Stoon

3. Choisir un statut juridique

Vous allez réaliser des prestations et donc les faire payer. Pour agir légalement, vous devrez adresser une facture à votre client. Cette facture, ainsi que tous les documents vous engageant, devra correspondre à un statut juridique. Ce statut va conditionner tout l’avenir de votre activité professionnelle, son choix est donc primordial.La France n’est malheureusement pas réputée pour la simplicité de ses statuts juridiques. Je vous recommande donc de vous faire conseiller par un spécialiste. Si vous allez confier la comptabilité de votre future structure à un expert-comptable, ce serait une excellente idée de lui demander conseil à ce sujet. À défaut, pourquoi ne pas tout simplement vous rendre à l’antenne administrative locale qui s’occupe de vos impôts ?

Se mettre à son compte dépend de nombreux facteurs, qui vous sont propres :

  • Avez-vous de l’argent à investir dans cette aventure ?
  • Voulez-vous rester salarié ?
  • Voulez-vous évoluer vers une structure avec plus de personnel et plus de moyens ou simplement travailler seul ?

En fonction des réponses que vous donnerez à ces questions, vous pourrez opter pour tel ou tel statut. Je vais tenter de vous présenter les choses le plus clairement possible, mais si la France pouvait se lancer dans la simplification de tout ceci, quel progrès nous ferions !

Par comparaison, en Grande-Bretagne, il n’y a que trois statuts juridiques pour répondre à tous les types d’entreprise, de la simple entreprise familiale à la grosse boite côté en Bourse. Idem pour les États-Unis. Les Anglo-saxons seraient-ils plus pragmatiques que nous autres, latins ?

3.1 Travailler seul

3.1.1 Salarié ou non salarié ?

Le salarié a droit à des indemnités de chômage. Il est couvert par une sécurité sociale. Le salaire tombe régulièrement à la fin du mois et on connait d’avance son montant. Tout ceci correspond à des prélèvements de plus en plus importants sur la feuille de paye. La retraite sera calculée sur le montant des salaires versés.

Le travailleur indépendant ne touche pas de salaire, mais des honoraires. Il cotise au Régime Social des Indépendants, le RSI (j’en ai personnellement un très mauvais souvenir). Il peut choisir la date et le montant de sa rémunération, en fonction de ce qui est rentré dans la caisse. Il paie nettement moins de charges sociales que le salarié. Sa retraite est prise en charge par une caisse spécifique, RSI ou autre.

Alors, préférez-vous opter pour la liberté ou pour la sécurité ?

Si vous choisissez de travailler seul et de rester salarié, voici les statuts possibles :

3.1.2 Travailleur occasionnel (vacataire)

Vous ne pouvez pas dépasser 30 jours de prestations dans l’année. Cela peut être un bon moyen pour tester votre nouvelle activité de formateur. Vous serez salarié en CDD par l’organisme ou par le particulier qui fera appel à vos services, lequel devra vous déclarer à l’URSSAF. Voir le lien en fin de livre pour plus d’informations.

conseil du livre Devenir formateur indépendantConseil : Statut à n’utiliser que si vous voulez tester ce nouveau métier sans perdre votre activité professionnelle actuelle (par exemple si vous êtes enseignant).

3.1.3 Portage salarial

Vous serez salarié de l’entreprise de portage, mais c’est vous qui trouverez vos clients…

4.1.2 Calculer sa rentabilité

Je vous recommande donc de viser des tarifs très bas, car cela reste le premier critère de sélection lorsque vous serez en concurrence avec d’autres propositions (et la concurrence est parfois forte sur ce marché). Très bas, mais pas suicidaires non plus : il faut commencer par déterminer quels sont vos coûts de fonctionnement, ce qui vous permettra de savoir combien de jours de formation vous devrez vendre dans le mois pour parvenir à vivre. De ce calcul simple, vous déduirez la fourchette de prix dans laquelle doivent se situer vos tarifs. Il faudra alors choisir le bas de cette fourchette.Une prestation très pointue dans un domaine recherché sera vendue plusieurs centaines d’euros (j’ai connu des experts à 1000 € la journée !), mais une formation plus standard tournera autour de 300 € la journée par personne. Il s’agit là du tarif proposé au client final. Si vous négociez avec un centre de formation, il vous proposera une rémunération nettement plus basse afin de disposer d’une marge de négociation avec son propre client, ce qui est bien normal !

Il est évident qu’un centre de formation qui va réunir 5 stagiaires dans la même prestation aura une meilleure rentabilité que vous, qui proposerez la plupart du temps des prestations en cours particulier.

Exemple : vous proposez une formation à Illustrator en 2 jours à 350 € HT la journée par personne. Supposons que vous ayez 500 € de frais dans le mois (déplacements, charges de votre structure, frais de fonctionnement, taxes, comptable…).

Je reprends pour mon exemple le cas où vos cotisations sociales sont à 22% de votre CA et votre imposition à 35% du restant (voir tableau ci-dessous).

6.1.4 En cas de litige

Essayez tout d’abord le règlement à l’amiable. Si le centre de formation vous fait des reproches, il doit les consigner par écrit et les justifier. C’est à ce moment que la feuille d’émargement et le programme pédagogique prennent toute leur importance.
Si le centre refuse tout arrangement, vous devrez entamer une procédure avec le Tribunal de Commerce situé dans la ville où est domicilié le centre de formation (sauf accord différent clairement mentionné dans votre feuille de mission).
Commencez par une injonction de payer, histoire que le centre de formation voit que vous ne vous laisserez pas faire. N’abandonnez pas sous prétexte que la Justice est lente dans notre beau pays. Pensez que, même si cela prend du temps, il sera toujours préférable de toucher une somme après une longue attente, que pas de somme du tout !

Par expérience, je peux vous dire qu’il est toujours plus efficace de vous déplacer et de tenter de négocier face à face avec votre interlocuteur plutôt que de vouloir résoudre le problème à distance, via le téléphone ou par email.
N’oubliez cependant pas d’envoyer des courriers en recommandé avec accusé de réception (le numéro de cet A/R devra être recopié sur le courrier lui-même avant de le mettre sous pli), ceci afin de disposer de preuves écrites de vos différentes démarches le jour où vous passerez devant le juge.

Quel tribunal contacter ?

Avant tout, essayez de dialoguer avec votre interlocuteur et de lui proposer un règlement à l’amiable, qui consiste généralement pour chacune des deux parties à lâcher un peu de lest. Prenez contact avec le greffe du tribunal de commerce pour obtenir les coordonnées d’un médiateur de justice afin de définir les modalités de cette intervention.
Vérifiez également si un tribunal précis a été mentionné lors du contrat passé entre vous et votre interlocuteur (mentionné sur l’ordre de mission établi par le centre de formation, par exemple). Par défaut, c’est le siège social du débiteur qui est valable.

En cas d’impayé

Je détaille ce cas, car c’est de loin la plus fréquente cause de litige. Si l’impayé provient d’une entreprise, commencez par une simple lettre de relance dès que la date limite de paiement est dépassée. Quinze jours plus tard, et sans réaction de votre interlocuteur, rédigez une mise en demeure de payer, (voir modèle en fin de livre), à envoyer en courrier recommandé avec accusé de réception.

8.1. Différents profils de stagiaires

8.1.1 Le rêveur

Il est devant son écran, vous venez de lui demander d’appuyer sur le bouton » Menu » et il ne le trouve pas. Vous répétez les instructions, vous les montrez sur l’écran de votre vidéoprojecteur, mais il ne trouve toujours pas ce fameux bouton. Vous voilà obligé d’arrêter vos explications, de faire patienter les autres et de vous déplacer pour aller voir ce qui se passe. Comme par hasard, votre stagiaire n’est pas sur le bon écran et ne risque donc pas de trouver le bouton. Vous aviez pourtant tout expliqué par le détail, mais son esprit était ailleurs…

Ne rêvez pas vous non plus: on ne peut pas demander à un adulte de rester concentré trop longtemps. Si vous avez des enfants, vous savez déjà que leur durée de concentration ne dépasse pas quelques minutes. Chez un adulte non motivé, cela n’est guère mieux.

La solution : procédez toujours par étape. Validez le fait que tout le monde a fait l’exercice jusqu’au point où vous vous êtes arrêté. Si vous constatez la présence d’un ou de deux rêveurs dans votre session, prévoyez des exercices en binôme. Vous pouvez aussi plaisanter gentiment une ou deux fois sur ce stagiaire pour qu’il se rende compte qu’il s’est fait repérer et décide enfin de suivre le cours.

Tableau récapitulatif des documents à fournir

Nom du document Utilisation
Programme pédagogique
  • Présent dans votre catalogue
  • Proposé au client
  • Nécessaire pour commander la prestation
  • Demandé par les OPCA qui financent la formation
  • Utilisé lors de la formation
Devis de formation
  • Accompagne le programme pédagogique
Convention de formation
  • Nécessaire entre un centre de formation et son client
  • Peut remplacer le devis
  • Demandée par les OPCA qui financent la formation
  • Utile en cas de litige
Feuille d’émargement
  • Utilisée lors de la formation
  • Demandée par les OPCA qui financent la formation
  • Utile en cas de litige
Questionnaire d’évaluation
  • Nécessaire entre un centre de formation et son formateur
  • Anonyme et individuel
  • Utile en cas de litige
Facture
  • Envoyée au client final ou au centre de formation
  • Demandée par les OPCA qui financent la formation
  • Nécessaire à votre comptabilité

Tableau des statuts fiscaux

Statut Caractéristiques Pour qui
Formateur vacataire
  • Limité à 30 jours de prestations par an
  • Salarié par l’organisme de formation
  • Possibilité de cumuler avec un autre emploi
Pour tester le métier de formateur ou en complément de salaire
Portage salarial
  • Salarié de l’entreprise de portage
  • Formalités et comptabilité gérées par la société de portage, mais contre prélèvement de 10%
  • Facilité pour démarrer et arrêter son activité
Pour démarrer son activité sans tracasseries administratives et en conservant son statut de salarié
SASU
  • Salarié et unique associé de sa propre entreprise
  • Régime social et fiscal avantageux
Pour se lancer seul tout en créant une entreprise ou pour cumuler avec une retraite
Auto-entrepreneur
  • Seuil de chiffre d’affaires à ne pas dépasser
  • Constitution d’une entreprise et récupération de la TVA
  • Formalités administratives réduites
  • Possibilité de convertir en un autre statut d’entreprise
Pour se préparer à gérer son entreprise, mais en se limitant à un revenu d’appoint ou temporaire
Entreprise individuelle
  • Pas de seuil, ni de capital et récupération de la TVA
  • Simplicité de la gestion de l’entreprise et possibilité de limiter les risques (EIRL)
  • Conversion possible vers un autre statut
Pour bénéficier des avantages de l’entreprise, mais en restant seul
S.A.R.L.
  • Plusieurs associés
  • Capital à investir dans l’entreprise
  • Statut permettant de grandir et d’évoluer sans modification majeure de statut
  • Gestion comptable à prévoir
Pour développer son activité professionnelle en allant vers une vraie société