Archives de l’auteur : Georges Vigreux

À propos Georges Vigreux

Auteur et formateur

Neuromancien

Couverture du roamn NeuromancienNeuromancien

Auteur : William GIBSON, traduit de l’anglais par Jean Bonnefoy
Année de parution : 1984
Catégorie : Science-Fiction
Maison d’édition : Éditions J’ai Lu
ISBN : 978-2-290-30820


Prix Nebula en 1984, Prix Hugo du meilleur roman en 1985, Prix Philip K.Dick du meilleur roman en 1985, Prix du meilleur roman de Science-Fiction en 1985… Quelle idée de vouloir critiquer un des meilleurs livres de science-fiction, me direz-vous…

Mais, justement. C’est un de mes livres préférés, et si vous ne l’avez pas encore lu, je ne peux que vous le recommander. Il fait partie des classiques à connaître quand on s’intéresse à ce genre de littérature et il est toujours intéressant de voir si un ouvrage vieux maintenant de près de trente ans tient encore la route…

La science-fiction est un genre difficile… ou trop facile. Le piège, quand on débute, est de croire que tout est permis et que l’imagination ne sera bridée en rien puisque vous pourrez créer vos propres règles. J’ai moi-même commencé par vouloir écrire dans ce genre (après avoir dévoré bon nombre de classiques : K. Dick, Van Voght, Isaac Azimov, Arthur Clarke,  Ray Bradbury, …) et je me suis vite rendu compte qu’il fallait de solides compétences scientifiques pour rester crédible…

Dans Neuromancien, un pirate informatique reprend du service pour tenter de craquer une mystérieuse banque de données appartenant à une famille riche vivant dans une base spatiale, satellite de la Terre.

J’ai relu ce roman récemment et je suis resté scotché par le nombre de prévisions futuristes aujourd’hui devenues réalités : les hackers, les virus informatiques, l’intelligence artificielle, la bio-ionique, le réseau mondial de communication informatique et ses cyberattaques… Le moins qu’on puisse dire c’est que mister Gibson avait bien imaginé comment allait évoluer l’informatique ! Il est d’ailleurs considéré comme l’inventeur du cyberespace et ce terme prend tout son sens dans ce récit.

(Pour rappel, en 1985, Microsoft sortait la version 1.0 de Windows; la National Science Fundation finançait un truc appelé NFSNET à partir du réseau Arpanet pour interconnecter les universités américaines et les gros calculateurs. Un truc qui deviendra accessible au public dans les années 90 sous le nom d’Internet).

Mon « ressenti »

L’ambiance « underground » est assez sympa, en partie grâce au langage argotique des principaux personnages mais aussi par les descriptions qui renvoient à des clichés sur les bas-quartiers des grandes villes américaines. On s’y croirait !
Le suspense se crée dès les premières pages : Qui est le commanditaire de la mission ?  Pourquoi a-t-il besoin d’un pirate pour craquer les défenses informatiques de cette entreprise ? Qui manipule qui ? On est entre une intrigue policière et un enchainement d’actions de type thriller et chaque nouvelle scène (qui s’enchainent à un rythme soutenu) amène de nouvelles questions. Du coup, difficile de lâcher le livre avant sa fin, étonnante comme il se doit.
D’improbables personnages viennent émailler le récit, rajoutant l’étrange à la science-fiction : des loubards au costume mimétique, des rastas qui planent (c’est le cas de le dire !) dans leur remorqueur de satellites, un magicien aux pouvoirs très en avance sur son temps… Que du bon délire…
Donc, vous vous en doutez : note maximale pour le ressenti 😉

Le style de narration

Le narrateur prend le point du vue de Case (le héros) à la troisième personne. Le style est rapide. Phrases courtes qui décrivent une sensation, une ambiance. On peut ne pas aimer. Exemple, la première phrase du roman : « Le ciel au-dessus du port était couleur télé calée sur un émetteur hors-service« . Personnellement, je trouve cela très efficace, une fois le temps d’adaptation passé !
Les caractères ne sont pas très marqués. On finit par les imaginer soi-même, à force de voir les personnages agir. Mais bon… Ce n’est pas non plus un thriller psychologique ! La narration est linéaire mais comme l’intrigue est suffisamment dense, on n’a pas besoin d’effet particulier. Simple, efficace, rodé… Ma note pour le style sera de 4 sur 5.

La structure

Il s’agit d’une traduction et j’avoue ne pas avoir lu la version originale. Je ne ferai donc pas de commentaire sur la qualité de l’adaptation.  Quasiment pas de coquilles, une mise en page un peu dense (dans la version de poche, donc c’est normal, même si c’est peu confortable), qualité d’impression très correcte (c’est du Maury et j’aime bien cet imprimeur 😉

Personnellement, j’aurais eu pitié des personnes n’ayant jamais entendu parler d’informatique (surtout en 1985) et j’aurais rajouté un petit glossaire des principaux termes et concepts utilisés dans le roman. Mais bon… C’est histoire de dire… Ma note pour la structure ne sera pas loin de la maximale 😉

Ressenti : note 5/5
Style : 4/5
Structure : note 4/5
Note globale : 13/15
CF : notation des critiques

Les années perdues

Couverture du roman Les années perduesLes années perdues

Auteur : Mary Higgins Clark, traduit de l’anglais par Anne Damour
Année de parution : 2012
Catégorie : Policier
Maison d’édition : Albin Michel
ISBN : 978-2-253-16632-0

 


 Encore une lecture de voyage, attrapée un peu au hasard et dans l’urgence, en gare de Marseille cette fois. Du M.H. Clark, cela ne peut qu’être bon, me disais-je…

En ingrédients principaux : une femme atteinte de la maladie d’Alzheimer, retrouvée près du corps de son mari, un couteau plein de sang à la main; une lettre (écrite par Jésus-Christ, s’il vous plaît !) mystérieusement disparue; plusieurs suspects possibles… Voilà les ingrédients pour un cocktail pompeusement baptisé « roman policier initiatique » par des éditeurs optimistes. Placez le tout dans une ambiance bourgeoisie américaine typique et secouez fort. Votre cocktail est prêt !

Bon et ben, j’aime bien les cocktails, mais à la condition qu’ils me surprennent. Et le coup du « roman initiatique » est un peu usé. Ce n’est pas parce qu’on reprend des faits religieux un peu mystiques que l’on va forcément créer une ambiance fantastique. N’est pas Umberto Eco qui veut ! Bien sûr, la célèbre romancière n’a plus à démontrer son art du suspense. Il est vrai qu’on a tendance à rentrer dans l’intrigue, à se mettre à étudier, soupeser, vérifier les alibis, motivations et indices liés à chacun des protagonistes. Mais le scénario est bien trop évident. On se doute que, si la coupable potentielle est présentée comme telle dès le départ, c’est qu’il s’agit d’un leurre, d’un « hareng rouge » comme disait Hitchcock, le maître du suspense.

La lettre de Jésus-Christ est très mal exploitée et ne sert que de preuve à retrouver. Cela aurait aussi bien pu être n’importe quoi d’autre…

Mon ressenti

Bref, j’ai lu ce roman parce que je m’attendais à du « génialissime » et aussi parce que j’ai très peu lu les livres de cette romancière. Mais cela ne vaut pas La Nuit du Renard (Grand Prix de littérature policière ou La Maison du Guet.

On ne devrait jamais obliger un auteur à fournir des livres trop régulièrement à son éditeur…

Personnellement, j’ai deviné la fin à peu près au milieu du bouquin. Du coup, toute la suite est devenue assez ennuyeuse. Surtout qu’il n’y a aucun effet de surprise particulier à la fin. Arrivé Gare de Lyon. Temps gris. Bof…. Tout le monde descend.

Le style de narration

 Excellent, bien sûr. On sent « la pro » en action. Point de vue à la troisième personne, orienté sur la fille de la victime, héroïne du bouquin. On commence par décrire les faits, les lieux. On plante le décor et on monte l’ambiance. Ensuite, présentation des policiers. Ils ne sont pas pris pour des andouilles et s’en sortent plutôt pas mal. Mais ils semblent tellement loin de l’action principale ! Les scènes se suivent, décrivant tour à tour chacun des suspects possibles, avec suffisamment de zones d’ombre pour qu’on soit bien enfumé. Un petit coup de théâtre par ci, par là pour relancer l’intrigue. Mais rien que de très classique. Puis le « bon sang, mais c’est bien sûr » ! du détective qui a enfin trouvé le coupable. Tout se précipite. Les pistes, vraies et fausses, se concluent l’une après l’autre. On course le coupable avant qu’il ne soit trop tard (je ne vous dis pas pourquoi : faut quand même vous laisser le plaisir de la fin). Et scène finale avec conclusion et explications. Hop, emballez et au suivant !

La structure

J’ai un peu mélangé structure et style de narration à l’étage au-dessus, du coup vous avez déjà toutes les infos. Le livre est de bonne qualité, pas trop dense, bien construit. Du bon boulot. On est dans un produit bien formaté. Trop… C’est justement là que se trouve le problème . Tout cela est du déjà vu !

Ressenti : note 2/5
Style : 3/5
Structure : note 4/5
Note globale : 9/15
CF : notation des critiques

Le dernier homme bon

Couverture du roman Le dernier homme bonLe dernier homme bon

Auteur : A. J. Kazinski, traduit du Danois par Frédéric Fourreau
(Kazinski est un pseudonyme pour Abders Ronnow Klarlund et Jacob Weinreich, deux scénaristes danois).
Année de parution : 2010
Catégorie : Thriller
Maison d’édition : Jean-Claude LATTES
ISBN : 978-2-253-16149-3


Prix des lecteurs, sélection 2012. En version poche, c’est un pavé de 715 pages que j’ai dû ingurgiter. Mais comme cela se passait dans un TGV Nice-Paris, j’avais le temps d’en venir à bout. Et le thème m’intriguait : un tueur qui s’en prend à des hommes bons; une histoire qui tourne autour du mythe des 36 Justes de Dieu décrit dans le Talmud,  ce n’est pas banal !

L’intrigue est du type policière. On suit un inspecteur qui enquête sur des morts violentes. Cela commence très fort : on apprend qu’il existe une enquête mondiale axée sur les personnes ayant connu des expériences de mort imminente (vous savez, ces gens qui se voient en dehors de leur propre corps durant un coma…). Ensuite, on passe en quelques pages de Pékin à Bombay, puis à Venise, ensuite à Copenhague… Houlà ! Faut suivre !

L’enquête se complique. Elle se fait en parallèle : d’un côté à Venise, de l’autre à Copenhague. Comme dans toute intrigue policière, j’essaie de suivre, de raisonner pour deviner la suite. Mais j’ai du mal à comprendre tant les détails sont nombreux et les descriptions…détaillées ! Messieurs les scénaristes, ce n’est pas juste: vous êtes deux à construire cet imbroglio et je suis tout seul à tenter de vous lire, coincé dans un petit siège de TGV, moderne et si inconfortable.

De plus, il faut se farcir tout l’aspect historique de cette légende des 36 Justes. Par moment, je retrouve un peu la technique du Da Vinci Code ou du Nom de la Rose, mais en plus brouillon. Et puis, les noms ! Des noms partout. Des trucs danois, imprononçables et donc pas faciles à retenir.

Mais je m’accroche. Je me dis que si l’intrigue est si alambiquée, c’est que la fin doit être dantesque, incroyable, surnaturelle et totalement inattendue. Un truc de fou, genre : « ta soeur est en fait la descendante de Jésus-Christ ». Paf ! Prend ça dans les dents!

Bien entendu, je n’irai pas vous révéler la fin. Ce ne serait pas gentil. Mais elle ne m’a pas fait réaliser un double-salto dans mon siège seconde classe. Disons que c’est un grand classique : on reboucle sur la scène du début qui avait l’air insignifiante et qui se révèle primordiale. Vous voilà prévenu : ne lisez pas le début en diagonale !

Mon ressenti

Vous l’avez lu ci-dessus : l’histoire est prenante, mais pas géniale. Et surtout, il y a trop de descriptions, trop de noms, trop de choses à mémoriser. Faut avoir son bac+5 en lecture pour arriver à suivre. A lire en plusieurs fois, en prenant le temps de respirer et, éventuellement, en prenant des notes. Mais si vous êtes à l’aise avec ce genre de récit, l’histoire vous captivera. J’avoue être un peu fainéant et préférer les récits à la construction simple mais néanmoins efficace.

Le style de narration

Classique. Narration à la troisième personne, avec le point de vue du héros. Les caractères sont bien décrits (trop parfois) et on croit aux personnages. C’est même un des points forts du roman. Mais bon : quand on a deux scénaristes comme auteurs, c’est normal d’avoir des caractères réalistes. Le roman est d’ailleurs bâti comme un film. Il y a des scènes de coupure qui viennent relancer l’attention du lecteur; des renvois dans le temps (technique bien connue des scénaristes pour masquer l’écoulement réel des actions); des ellipses qui permettent de cacher volontairement certains faits au lecteur, à la Hitchcock… Bref, du beau travail de scénariste (un de mes premiers métiers, snif…).

La structure

Encore un livre de poche. Donc, mise en page trop dense, pas agréable à manipuler. Messieurs les éditeurs, on le sait que vous avez du mal à boucler vos fins de mois. Mais à force de trop tirer sur la corde, on va se lasser de vos grosses ficelles ! N’oubliez pas que le livre est un produit. On le touche, on le hume, on le dévore des yeux. Posé sur l’étagère, il doit ensuite nous aguicher comme une tapineuse et nous pousser à le redécouvrir. Par pitié, revenez vers la qualité, même pour le Poche. Ainsi, nous achèterons peut-être un peu moins souvent de vos livres, mais nous aurons plus de plaisir et donc de facilité à les payer un poil plus cher. Avis !

Ressenti : note 3/5
Style : 5/5
Structure : note 4/5
Note globale : 12/15
CF : notation des critiques

L’ultime secret

Couverture du roman l'ultime secretL’ultime secret

Auteur : Bernard Werber
Année de parution : 2003
Catégorie : Science-fiction
Maison d’édition : Albin Michel
ISBN : 2-226-12740-2


Lors d’un tournoi sur la côte d’Azur, le champion du monde d’échec meurt d’extase (le petit veinard) dans les bras d’une top-modèle. Deux journalistes enquêtent sur cette mort étrange et vont découvrir des choses qui le sont encore plus.

Autant le dire tout de suite, j’aime bien les idées de Bernard Werber. Comme beaucoup, je l’ai découvert avec son cycle sur Les Fourmis. En plus d’appendre des tas de choses intéressantes sur les mystères de la Nature, il s’était amusé à glisser différentes énigmes dans ces romans, afin de montrer que l’intelligence n’est pas mesurable uniquement d’après nos connaissances scolaires et j’avoue m’être amusé (et cassé à la tête) à essayer de les résoudre. Toute proportion gardée, je fonctionne un peu comme cet auteur : j’aime bien m’appuyer sur des faits scientifiques pour donner un aspect plus réel à mes histoires, tout en laissant mon imagination broder à partir d’eux. Jules Verne faisait de même et d’autres par la suite.

Dans ce roman, il est question des capacités inutilisées de notre cerveau. Même si la citation du début du roman (nous n’utilisons que 10% des capacités de notre cerveau) n’est pas exacte et que rien ne prouve qu’elle ait été prononcée par Albert Einstein, comme cela est indiqué, elle permet de mettre l’accent immédiatement sur ce qui sera le Graal de l’enquête dans ce roman.

Mon ressenti

 On est dans une vraie enquête. Bernard Werber utilise un truc littéraire très pratique : ses enquêteurs sont deux, l’un ayant nettement plus de connaissances scientifiques que l’autre. Le premier va donc expliquer tout un tas de choses au second,  ce qui nous permet de recevoir mine de rien pas mal d’informations permettant de faire avancer l’enquête (et d’améliorer le cas échéant notre culture). Si tous les livres scolaires étaient construits sur ce mode, nos enfants apprendraient certainement plus vite !

J’adore !

Par contre, les caractères des protagonistes de l’histoire ne sont pas très développés. On sent que ce n’est pas le dada de l’auteur. J’avais le même reproche en tête lorsque j’avais lu Les Fourmis. Mais bon, ce n’est pas non plus une romance qui est attendue avec ce genre de récit. Disons que, comme l’empathie avec les héros du récit n’est pas très forte, on se sent moins impliqué dans ce qui va leur arriver. Cela aurait apporté un réel plus au livre. Ceux qui ont lu Umberto Eco et son célèbre roman « Le nom de la Rose » comprendront ce que je veux dire.
Autre critique, plus embêtante à mes yeux : si le début du roman est passionnant et très réaliste, le récit dérive progressivement vers des situations nettement moins vraisemblables. C’est le problème quand on crée une fiction sur un socle d’éléments réels : il faut que ce soit plausible. Or, l’auteur se laisse emporter par son imagination (qu’il a féconde). L’idée de mettre un asile de fous sur l’ile Sainte Marguerite est amusante… et réaliste. L’idée d’utiliser ces fous à des fins pratiques l’est également. Mais les comportements de ces gens un peu particuliers et l’enchainement des situations qui en découlent part gentiment en vrille. Du coup, j’ai décroché. A partir de ce moment, devenu spectateur du récit et non plus participant, j’ai commencé à voir plein de petits défauts un peu partout… Comment croire par exemple que, parce qu’un invalide passe des heures et des heures sur Internet, il puisse acquérir un savoir infini ? Apprendre est une chose. Comprendre et retenir sont autrement plus difficiles… Tous les étudiants vous le diront 😉 Trop d’imagination peut tuer le réaliste et c’est ce qui s’est passé dans le livre, selon moi. Du coup, ma note initiale de ressenti, qui était bien partie pour un 4/5, redescend à un 3 très moyen.

Le style de narration

Le narrateur parle à la 3e personne, souvent au temps présent, ce qui donne un effet d’urgence à la chronologie de l’histoire. Parfois, on entre via des monologues dans la pensée d’un autre acteur du récit. C’est un peu perturbant au début, surtout si, comme moi, on lit le roman par petites fractions. Cela impose de se remémorer tout ce qui précédait quand on reprend le récit. Mais ce n’est qu’un petit détail qui ne gâche pas l’intérêt du roman. Le récit est souvent fait en parallèle : on suit une scène entre deux personnes, puis on passe sur une scène avec d’autres personnes, puis on revient sur les deux personnes précédentes. Classique dans un scénario de film. Ici, cela reste facile à suivre car le style d’écriture reste simple dans son ensemble. Phrases courtes. Mots courants. Idées amenées avec progression. Bien. Tranquille. (Vous avez vu : moi aussi je m’amuse à écourter mes phrases 😉 J’aime bien le style de narration de l’auteur. Il parait que le mien lui ressemble un peu 😉 Du coup, je ne vais pas me gêner et mettre un 5/5 tout à fait partial !

La structure

 Linéaire. Les chapitres s’enchainent sur le mode d’une enquête. Le scénario avance en révélant progressivement des informations qui ne semblent pas au premier abord avoir de liens entre elles. Puis, avec l’aide des enquêteurs qui ne sont heureusement pas trop incrédules, on finit par commencer à comprendre où va l’auteur. Mais la chute finale reste bien cachée et nous fournit la surprise attendue.La construction est un parallèle : d’un côté nous avons une enquête à suspense sur un homme qui est mort, de l’autre nous avons une série de chapitres en flash-back sur ce que cet homme faisait avant sa mort. Une sorte de double-enquête très intelligemment construite. Du beau travail. Quel dommage que l’histoire ne soit plus crédible vers la fin ! Pour la structure et sa qualité, je mettrai un 4/5.

Ressenti : note 4/5
Style : 3/5
Structure : note 4/5
Note globale : 11/15
CF : notation des critiques

Genesis

Couverture du roman GenesisGénesis

Auteur : Bernard Beckett, traduit par Laetitia Devaux
Année de parution : 2010
Catégorie : Science-Fiction
Maison d’édition : Gallimard Jeunesse
ISBN : 978-2-07-062209-2
Prix Sorcières 2010


 

C’est ma fille Karine (qui présente ses propres avis de lectures) qui m’a fait découvrir ce superbe libre, si original. L’intrigue se présente sous la forme d’un examen d’oral que subit une jeune femme face à trois examinateurs. Le sujet de l’examen est l’étude d’un homme ayant bravé tous les interdits et qui a provoqué l’émergence d’une nouvelle société, rien de moins ! La civilisation humaine a été décimée par de mystérieuses épidémies et les survivants ont créé une nouvelle forme de démocratie sur une île totalement isolée du reste du monde. La philosophie est omniprésente dans ce récit, mais sans jamais devenir barbante.

Mon ressenti

Ma fille m’avait prévenu que la fin était très surprenante et totalement imprévisible et j’avoue avoir essayé en vain de la deviner. Le scénario est très subtil. Les informations cruciales ne sont délivrées qu’au compte gouttes. Du coup, le suspense se crée très rapidement, même si le roman ne comporte que très peu d’actions. Ne vous attendez pas à des vaisseaux spatiaux, des aliens ou des monstres issus d’univers improbables. On est ici dans une science-fiction qui s’attache surtout à l’origine de l’intelligence, à la découverte de ce qui différencie l’homme de l’animal ou de la machine. Moi-même très fan de tout ce qui touche à ces thèmes, j’ai plongé dans le récit. Si l’intrigue est très bien construite et les réflexions philosophiques parfaitement présentées, j’ai fini par réaliser que les personnages restaient un peu creux, comme s’ils manquaient de caractère, de personnalité (mais quand on connait la fin, on comprend pourquoi…). Du coup, je ne mettrai qu’un 3/5 sur cet aspect du roman, par ailleurs excellent, mais c’est parce que je me souviens de certains romans d’Arthur Clarke par exemple où les personnages sont nettement plus vivants (i.e. Rendez-vous avec Rama).

Le style de narration

Le récit est présenté comme une retranscription de dialogues entre plusieurs personnages. Du coup, on est placé comme un spectateur assistant à un procès et je trouve cela assez génial comme idée, car cela nous oblige à évaluer les arguments de chacun et à « compter les coups ». On se demande à chaque réplique : « mais pourquoi répond-elle cela ?« , ou bien « Comment va-t-elle réagir à cet argument ?« .

C’est très malin et très efficace. Je garde cela sous le coude pour m’en servir un jour 😉

Le personnage central, une jeune femme appelée Anax, a une personnalité bien détaillée mais ses sentiments restent un peu trop cachés (normal : elle essaie de ne pas les montrer aux examinateurs). Le problème, c’est qu’une personne qui n’a ni peur, ni colère, ni rêve, a bien du mal à provoquer l’empathie. (Vous savez : dans un scénario, on met souvent le héros en situation de difficulté pour que le lecteur ou le spectateur s’identifie à lui). Pour les examinateurs, c’est pire : on ne sait pas qui ils sont (et pour cause : cela fait partie de la surprise finale !) et encore moins ce qu’ils pensent.

L’écriture est fluide et simple à lire. Les mots sont justes et précis. Beau travail de narration, mais encore une fois, manque de profondeur des personnages. Cela conviendra à des adolescents mais manquera un peu de profondeur et de réalisme pour les lecteurs plus matures. Donc, note : 4/5.

La structure

La progression vers la connaissance finale est très bien cadencée. Tout reste parfaitement logique et plausible jusqu’à la fin et on se demande comment on n’a pas pu trouver la chute soi-même, avant qu’elle ne soit révélée. J’applaudis des deux mains et, m’asseyant sur mes fesses, je fais de même des deux pieds ! (petite blagounette, mais si vous lisez le livre, vous en comprendrez le sens caché 😉

Ma note pour  la construction de ce récit palpitant et très intelligemment construit : 5/5.
Ressenti : note 3/5
Style : 4/5
Structure : note 5/5
Note globale : 12/15
CF : notation des critiques

Et si c’était vrai ?

Couverture du roman Et si c'était vraiEt si c’était vrai…

Auteur : Marc Levy
Année de parution : 2003
Catégorie : Romance
Maison d’édition : Robert Laffont
ISBN : 978-2-266-19954-4

Prix Goya du premier roman en 2003


Ce n’est clairement pas mon genre de lecture ! Mais alors, me direz-vous, pourquoi perdre son temps à lire ce roman si je sais à l’avance que je n’aimerai pas ?

Et bien, quand on a la prétention de vouloir devenir auteur et que l’on sait qu’un livre est considéré comme étant à succès (en France) quand il dépasse quelques dizaines de milliers d’exemplaires… il apparaît normal, voire indispensable, de comprendre ce qui a pu pousser plus de 200 000 personnes à l’acheter dès sa première année de vente. Et ce n’était pas qu’un effet de mode, car il a dépassé les 3 millions de vente à ce jour !

Je lis un peu partout d’acerbes critiques sur cet auteur : « Mauvais auteur »; « sans style »; « ferait mieux de laisser la place à de vrais auteurs »… Etc.

Alors, vue ma tendance naturelle à souffler sur les braises pour attiser la polémique, je vais me faire un malin plaisir à donner ici un avis totalement contraire sur ce roman. Même si le nombre de ventes ne détermine pas le talent d’un auteur, ce serait faire injure à tous ces lecteurs (« trices », surtout) que de négliger leur jugement. J’ai commencé à fréquenter les salons littéraires voilà deux ans (seulement). A chaque fois, j’ai pris le temps d’aller feuilleter les livres présentés par mes confrères. Beaucoup avaient du style et une belle écriture (mais pas tous ;-). Mais on ne peut pas à la fois rédiger 200 pages pour raconter la vie intime des paysans de la basse vallée de Haute-Provence dans les années 30 et espérer en même temps pouvoir intéresser un lectorat important. J’ai été surpris par les thèmes des ouvrages présentés sur ces salons. Comme si ces auteurs avaient d’abord essayé de se faire plaisir à eux-mêmes en écrivant le roman de leur vie. Pas étonnant ensuite que beaucoup restent avec leurs livres sur les bras !

Bref, revenons au roman de Marc Lévy…

 

Mon ressenti

J’ai trouvé le scénario absolument génial ! L’idée parait toute simple au départ : le fantôme d’une femme dans le coma vient squatter l’appartement new-yorkais d’Arthur, homme d’affaires en plein déménagement. Il est le seul à la voir et cela va susciter tout un tas de situations surréalistes (ex: les gens le voient parler seul) plutôt cocasses. Mais il fallait la trouver, cette idée simple !
Quand on veut rendre ce genre de situation vraisemblable, il faut poser des postulats crédibles. En science-fiction par exemple, il y a toujours un gars dont le rôle est de détailler une super théorie, expliquant tel ou tel pouvoir afin de le rendre plausible (voyage dans le temps, télépathie, etc.) Marc Levy a eu l’idée géniale de rendre son héros particulièrement pragmatique, ce qui oblige Lauren, (sa fantomette squatteuse d’appartement), à devoir tout justifier. C’est elle qui explique que son corps est dans le coma, dans un hôpital de la ville (elle va même l’emmener le voir).

Arthur est associé à Paul. Bien entendu, Paul ne voit pas Lauren et commence à s’inquiéter sérieusement pour la santé mentale d’Arthur. J’ai beaucoup aimé la forte amitié qui transparait dans les dialogues entre ces deux hommes d’affaires. Certaines répliques sont savoureuses, car bien mises en situation, et j’ai bien ri en imaginant la scène. Grâce à ce ton léger, tout passe facilement et l’intrigue amoureuse, qui se tisse au fil des pages entre Arthur et son fantôme, crée à elle seule le suspense romanesque qui a certainement dû plaire aux lectrices.

Alors, pour le ressenti, ma note sera tout simplement de 5/5.

Le style de narration

 C’est bon, c’est fin, cela se mange sans fin ! Oui, je n’ai pas peur de le dire : j’aime bien le style de Marc Lévy. Il ne perd pas de temps en d’inutiles et fastidieuses descriptions. C’est aussi un excellent dialoguiste, car on se fait rapidement une idée précise du caractère de chacun des personnages, simplement et lisant les dialogues. Il a une écriture cinématographique et j’aime. Bien entendu, tout ceci reste léger. On ne part jamais dans une profonde introspection sur le sens de la vie, mais je crois justement que c’est cela qui a dû plaire : l’auteur ne se prend pas la tête. C’est le reproche principal que je fais à beaucoup de films français dans lesquels les acteurs passent leur temps à se demander s’ils ont bien fait ou pas de faire telle action ! Marc Levy déroule un récit très simple et donc accessible à tous. Je comprend parfaitement que certains puissent rester sur leur faim. Le roman n’apportera pas sa pierre à l’édifice millénaire de la civilisation humaine, certes. Mais il vous fera passer un très bon moment. Et n’est pas à ce rôle que devrait se limiter un auteur de fictions ?

D’accord, il y a certaines facilités dans le style. Il aurait pu en rajouter un peu, mais je crois que cela aurait desservi le côté simple et direct de l’histoire. Alors, pour tenir compte de l’absence d’écriture hautement sophistiquée, ma note pour le style sera de 4/5.

La structure

On se croirait dans un scénario de film. Le bouquin est principalement rempli de dialogues et donc rapide à lire. Les phrases sont simples et véhiculent peu d’idées à la fois. J’admire. C’est ce que j’essaie de faire dans mes propres écrits. Et tout auteur qui me lira, comprendra : ce n’est pas facile du tout de faire simple ! Je crois qu’un des secrets du succès de Marc Levy doit être là: il arrive parfaitement à faire passer des émotions ou des idées, simples, dans des phrases tout aussi simples !

Mais écrire sans fioritures ne suffit pas à écrire une belle histoire. Il faut aussi que les personnages dégagent de belles émotions, révèlent une personnalité positive et attachante. Et pour cela, il faut que le récit devienne crédible, voire réaliste : on doit croire que ces personnages existent vraiment. Pas facile, quand l’un d’eux est justement immatériel ! D’où le côté génial de l’astuce décrite plus haut, consistant à rendre un des protagonistes incrédule afin de pouvoir mettre en place tous les arguments littéraires qui vont justement contribuer à le rendre réel. Mister Levy nous fait croire qu’il est simple d’écrire, mais de mon avis, il a dû sacrément réfléchir pour trouver cette astuce. Respect !

Voilà, j’ai aimé. Donc forcément, ma note pour l’aspect structurel sera de 5/5.
Ressenti : note 5/5
Style : 4/5
Structure : note 3/5
Note globale : 14/15
CF : notation des critiques

Fête de la Renaissance

Soirée Renaissance à Villeneuve-Loubet village Aout 2015

Fête de la Renaissance à Villeneuve-Loubet pour commémorer la venue de François 1er en juin 1538 pour signer une trêve de la paix avec son meilleur ennemi : l’empereur Charles Quint.

Le roman Mortelle Renaissance utilise le cadre de cette manifestation pour imaginer une intrigue fantastique entre nouvelles technologies, alchimie, Renaissance, bikers et morts étranges.

Interview Radio Bleu Georges VigreuxInterview de Georges Vigreux par Radio Bleue à cette occasion.

Article de Nice-Matin sur la fête de la Renaissance.

Vidéo sur YouTube

Localiser Villeneuve-Loubet sur la carte

Salon de Saint-Maximin

Saint-Maximin, 19 juillet 2013 Pascal Tissier, président de l'association Provence Culture 83 présente la troisième édition du salon "Saint-Maximin ce livre", les 27 et 28 juillet dans le couvent royal. Texte et photo Zamari BRIXXQ050_PZ_SALON LIVRE ST MAXIMINJuillet 2013

Salon du livre de Saint-Maximin la Sainte-Baume.

Pas mal de monde, même s’il a fallu ouvrir discrètement un nouvel accès au salon pour voir ce flux s’écouler dans la petite salle du couvent où je me trouvais, ce qui a miraculeusement fait venir de plus nombreux lecteurs 😉

Voir l’article de Var-Matin sur le salon

Localiser Saint-Maximin la Sainte-Baume